J’ai écrit plusieurs articles et chapitres de livres sur la traduction, le théâtre et la littérature comparée.

Mon premier livre, Jouer la traduction. Théâtre et hétérolinguisme au Canada francophone, porte sur le jeu des langues et du spectacle propres au théâtre franco-canadien. Par ce que j’appelle la traduction ludique, les dramaturges, traducteurs, metteurs en scène et comédiens collaborent à la construction de jeux complexes d’inclusion et d’exclusion des spectateurs selon leur profil linguistique. Les spectacles bilingues franco-canadiens, pleinement accessibles aux seuls spectateurs bilingues, font des spectateurs qui ne partagent pas le français et l’anglais les cibles de leurs jeux. Mon livre fait le compte de ces cibles mouvantes dans les déplacements de ces spectacles par la traduction partielle vers les centres plus monolingues du théâtre au Canada, en français (Montréal) comme en anglais (Toronto).

Mon deuxième projet de recherche, Caresser l’espoir (et le bilinguisme) : l’affect de l’espoir dans le théâtre bilingue du Canada (CRSH 2014-2016), a pour point de départ l’hypothèse que si une des réactions possibles aux asymétries linguistiques au Canada est un ludisme partiellement dénonciateur, une autre de ces réactions est de susciter l’espoir par des visions alternatives de mondes meilleurs. De nombreuses instances de théâtre bilingue à Montréal et ailleurs au Canada établissent en effet des modèles alternatifs pour vivre, travailler et jouer ensemble en tant qu’artistes de théâtre, en tant qu’individus au théâtre et en tant que citoyens. Ce théâtre bilingue repose sur l’affect plutôt que sur des effets garantis : il n’est pas normatif (comme les politiques officielles du bilinguisme), mais porteur de possibilités sensibles partagées par des communautés temporaires de spectateurs.

Mon projet de recherche actuel prend la ville de Toronto non seulement comme lieu de réception des traductions, mais comme lieu de production des traductions. Financé par une subvention Développement Savoir (CRSH 2016-2018), ce projet porte sur l’histoire de la pratique de la traduction au Théâtre du P’tit Bonheur et au Théâtre français de Toronto.

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